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Un hiver à Majorque est une invitation au voyage rédigée par George Sand lors de son séjour sur cette île en compagnie de Chopin. Ce récit rendit célèbre Palma, la chartreuse de Valldemosa, et demeure le meilleur guide écrit sur les Baléares.

Georges Sand

La chartreuse de Valldemossa

Appelée Cartuja en Castillan et Cartoixa en Catalan, elle se trouve au centre du village, entre une jolie et ancienne place pavée et un jardin connu pour ses magnifiques rosiers et classé parmi les jardins historiques de Majorque, comme celui d’Alfabià.

L’histoire de cette chartreuse

En 1309, le roi Jaume II fit construire une résidence royale pour son fils Sancho qui souffrait d’asthme, espérant que ce lieu paisible l’aiderait à surmonter sa maladie et peut-être y trouver la guérison.
En 1399 elle fut transformée en monastère par l’ordre religieux des Chartreux, puis reconstruite en 1717 dans un style néo-classique. En 1835, l’État espagnol confisqua ce monastère qu’il « revendit » à des particuliers.
La chartreuse pu ainsi être louée à des particuliers dont Frédéric Chopin très malade et Georges Sand, accompagnée de ses deux enfants. Elle relate ce séjour dans son livre, Un hiver à Majorque.

Troisième partie : Chapitre I:
« Nous partîmes pour Valldemossa, vers la mi-décembre, par une matinée sereine, et nous allâmes prendre possession de notre chartreuse au milieu d’un de ces beaux rayons de soleil d’automne qui allaient devenir de plus en plus rares pour nous. Après avoir traversé les plaines fertiles d’Establiments, nous atteignîmes ces vagues terrains, tantôt boisés, tantôt secs et pierreux, tantôt humides et frais, et partout cahotés de mouvements abrupts qui ne ressemblent à rien.

Nulle part, si ce n’est en quelques vallées des Pyrénées, la nature ne s’était montrée à moi aussi libre dans ses allures que sur ces bruyères de Majorque, espaces assez vastes, et qui portaient dans mon esprit un certain démenti à cette culture si parfaite à laquelle les Majorquins se vantent d’avoir soumis tout leur territoire.
(…)
Il me semblait que, dans les sites les plus sauvages des montagnes helvétiques, la nature, livrée à de trop rudes influences atmosphériques, n’échappait à la main de l’homme que pour recevoir du ciel de plus dures contraintes, et pour subir, comme une âme fougueuse livrée à elle-même, l’esclavage de ses propres déchirements. A Majorque, elle fleurit sous les baisers d’un ciel ardent, et sourit sous les coups des tièdes bourrasques qui la rasent en courant les mers. La fleur couchée se relève plus vivace, le tronc brisé enfante de plus nombreux rejetons après l’orage ; et quoiqu’il n’y ait point, à vrai dire, de lieux déserts dans cette île, l’absence de chemins frayés lui donne un air d’abandon ou de révolte qui doit la faire ressembler à ces belles savanes de la Louisiane, où, dans les rêves chéris de ma jeunesse, je suivais René en cherchant les traces d’Atala ou de Chaclas.

Musée de Valldemossa

La chartreuse de Valldemossa abrite aujourd’hui un musée avec une prestigieuse collection d’objets et manuscrits ayant appartenus à l’archiduc Lluis Salvador, une collection d’art contemporain, une pinacothèque dédiée à la Serra de Tramuntana, une ancienne presse à imprimer du XVIIº siècle et une pharmacie monastique, l’une des plus anciennes d’Espagne et la mieux conservée d’Europe. Elle fut active jusqu’en 1895.

Et durant toute l’année, de fabuleux concerts accueillants des artistes nationaux et internationaux ont lieu dans le Salon Chopin pour le festival qui porte son nom.

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