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Peintre, inventeur, ingénieur, scientifique, humaniste, philosophe, il est pour beaucoup un esprit universel, qui fascine encore cinq cents ans plus tard. Au passage du quinzième siècle au seizième, il illustre, et parfois incarne, la Renaissance, avec ses avancées dans le domaine artistique mais aussi dans les sciences et, avant tout, dans l’approche scientifique. 

Acquis par Charles VIII, le 2 juillet 1490 le Clos Lucé devient pendant deux cents ans demeure royale et résidence d’été des Rois de France. Louise de Savoie, régente de France, y vit est y élève ses deux jeunes enfants, le bouillant Comte d’Angoulême, futur François Ier, et Marguerite de Navarre, femme de lettres et auteur de l’Héptaméron. Mais le plus grand, tout au moins par le génie, de ceux qui franchirent la poterne en ogive du clos Lucé est Léonard de Vinci. Invité à résider en France par le roi François Ier, Léonard de Vinci s’installe au Clos Lucé en 1516.


La renommée de Raphaël et de Michel-Ange, étoiles montantes de la peinture et de la sculpture, est rude, et Léonard est conscient de cette concurrence. Il sait qu’il vit ces dernières années italiennes, à Rome, au services des Médicis, qui dirigent le pays et protègent l’artiste depuis longtemps. Et c’est en 1515, quand la bataille de Marignan donne le pays Milanais à François Ier, que le roi convie Léonard en France. L’année suivante, l’artiste s’installe avec ses fidèles disciples dont Francesco MELZI et Batista de VILLANIS, son serviteur milanais au Clos, un manoir situé à quelques centaines de mètres du château d’Amboise.

Léonard de Vinci apporte de Rome, dans sa sacoche de cuir, trois de ses œuvres préférées. Selon le témoignage du secrétaire du cardinal d’Aragon en visite au Clos Lucé, il y a là « le tableau d’une dame de Florence peinte au naturel sur l’ordre de feu Julien de Médicis ». Réalisée entre 1503 et 1514, la Joconde illustre le fameux sfumato (contour estompé) de Léonard de Vinci. Les autres toiles sont le Saint Jean Baptiste que Léonard de Vinci achève de peindre au Clos Lucé dans son atelier, la Vierge, l’Enfant Jésus et sainte Anne sur laquelle le maître continue de travailler, la laissant pourtant inachevée.

Revenons à la Joconde et attardons-nous un instant sur cette oeuvre, car s’il y a bien une toile de maître incontournable au Louvre, c’est la Joconde, l’œuvre la plus célèbre en peinture de même que les Esclaves de Michel-Ange peuvent l’être en sculpture. Son sourire et son regard qui donnent vie au personnage, ont toujours provoqué l’interrogation que ce soit de la part des amateurs ou des spécialistes.
Peinte sur un panneau de bois, la Joconde est le résultat d’un travail de patience et de rigueur fait d’étapes successives et de procédés techniques propres à l’artiste qui garantissaient la qualité finale. 
Un mélange de peinture à l’huile et d’essence diluée permettait de placer un grand nombre de couches de couleurs transparentes (le glacis) et revenir ainsi souvent sur le travail du visage, d’où le réalisme de celui-ci. Un réalisme accentué par les effets de lumière qui viennent éclairer le buste et le visage pour laisser le reste du corps dans l’obscurité. À cela s’ajoute une autre technique propre à l’artiste, le sfumato qui noie les contours derrière une « vapeur » de couleur. 
Le « sfumato » (enfumé) était un procédé utilisé par le peintre qui, par un effet d’optique, pouvait engendrer perspectives et nuances esthétiques grâce aux variations d’ombres et de lumières.
Par ce travail Léonard a idéalisé l’art du portrait et le visage humain. L’artiste aurait mis au moins 10 000 heures pour peindre à l’huile et à la loupe sa Joconde de 77 cm de haut et de 53 cm de large, sur du bois de peuplier.

Mais qui est-elle ? C’est bien là la question et, probablement une des raisons qui lui donnent cette notoriété à travers le monde.
Dans un premier temps, on lui attribua une identité masculine, imaginant qu’il s’agissait de l’amant de Léonard de Vinci. Mais aucune preuve ne fut apportée.
Puis elle devient la femme d’un notable, peut-être, Constanza d’Avalos, maîtresse de Jules de Médicis, surnommée la Joconde. Catherine Sforza, princesse de Forli , portraiturée par Lorenzo di Credi, avait ce surnom de Jioconda qui signifie en italien, heureux, serein. Cette hypothèse fut également démentie car à contrario de la première hypothèse, un nombre suffisant de preuves est venu démentir cette idée.
Une troisième hypothèse, serait que Léonard né d’une alliance illégitime, aurait peint sa mère, une paysanne, qu’il ne connaissait pas puisque laissé à sa naissance et élevé par son père, notable dans une petite ville de Toscane.
Léonard peignait donc à la fois le portrait d’une femme, mais aussi celui d’une expression, celle de la sérénité, de la bienveillance au regard posé, affectueux et empli de tendresse, telle qu’il aurait aimé que sa mère soit. Une femme qui vous sourit et qui vous suit du regard où que vous alliez. Et d’autres hypothèses affluent encore et viendront encore enrichir le mythe de la Joconde.
Pour arriver à ces effets du sourire et du regard qui vous suivent, Léonard utilise sa technique du sfumato aux coins des yeux externes, et aux commissures des lèvres et y laisse une ouverture, très peu visible à l’oeil nu.

Souvenez-vous 10 000 heures de travail à la loupe sur un petit format de tableau !

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