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Le statut des comédiens dans une société chrétienne.
On ne leur accorde un véritable statut social qu’en décembre 1789, en même temps que les juifs et les protestants. La règle voulait que les comédiens renoncent à leur art s’ils voulaient recevoir les sacrements religieux et échapper à la fosse commune. En 1641, Louis XIII proclame qu’il n’y a pas de blâme à exercer la comédie dans les limites de la décence. Avec la présence de Molière dans l’entourage immédiat du roi Louis XIV, il semble que l’art théâtral gagne ses lettres de noblesse. L’austérité religieuse qui marque la fin du siècle freine cette évolution et provoque un retour à l’ordre moral. La création de la Comédie-Française en 1680 n’est qu’une étape de la réglementation croissante de l’activité théâtrale.

Paris est une scène de théâtre en permanente représentation.
En un mot, Paris est un perpétuel spectacle. Le quartier des Halles, dans lequel grandit Jean- Baptiste Poquelin, est particulièrement animé. On y croise les religieux, les artisans, ceux qui vont au gibet, ceux qui vont faire la cour au roi, les tire-laine, les prostituées, les riches et les pauvres. Situé à proximité de la demeure royale du Louvre, autour de l’Église Saint-Eustache encore inachevée, où fut baptisé Jean-Baptiste Poquelin, le 15 janvier 1622.

Eglise Saint-Eustache

Jean-Baptiste aurait été très proche de son grand-père maternel, Louis Cressé, un homme passionné de théâtre, avec qui il a pu découvrir la ville et son spectacle permanent de marchands de rues, de farceurs des rues et des ponts, saltimbanques venus de partout. À l’Hôtel de Bourgogne, il a pu assister aux pitreries des trois grands farceurs de l’époque : Gros-Guillaume le fariné qui joue aussi bien les femmes que les hommes, Gaultier-Garguille qui se grime en vieillard et Turlupin qui se représente sous les traits du fourbe, le frère de Scapin. On peut donc aisément imaginer d’où vient l’inclination si particulière et passionnée du jeune Molière pour la comédie.
En 1642 on retrouve Molière à la Cour, ayant reçu la charge de tapissier du roi. Il accompagne Louis XIII dans le Midi en qualité de tapissier. Il faut faire le lit du roi et le servir avec humilité. Sans doute n’apprécie-t-il que modérément sa tâche de valet ? De retour à Paris, aux côtés de l’italien Hieronimo Ferranti, dit l’Orviétan, et d’Antoine de Barry, il s’initie au métier de bonimenteur. Monté sur des planches, il harangue la foule des curieux, vend des pommades, des élixirs et des promesses de guérison. On parle beaucoup, on joue, on fait le pitre et on plaît. Changement de milieu, changement de vie, Molière expérimente et s’instruit. Il rencontre à cette période une famille de comédiens, les Béjart, qui donnent à sa vie une nouvelle orientation.

L’Illustre Théâtre
La rencontre de Molière avec les Béjart, et plus intimement avec Madeleine, affirme son désir de devenir comédien et le fait renoncer. Le 30 juin 1643, le contrat de société fondant l’Illustre Théâtre est signé avec d’autres comédiens et seule Madeleine Béjart est déjà montée sur une scène. L’abbé Olier, de la paroisse Saint-Sulpice, hostile aux comédiens, leur livre une lutte sans merci. Le 19 décembre 1644, l’Illustre Théâtre déménage rive droite, au jeu de paume de la Croix Noire mais le public continue à bouder les spectacles, la troupe est aux abois et les dettes s’accumulent. Molière est même emprisonné pour dettes une journée ou deux. La troupe est alors dissoute et Molière quitte Paris pour la province, en compagnie de Madeleine Béjart. Molière est recueilli par la troupe de Charles Dufresne qui sillonne la France. Pendant treize années, la troupe jouit successivement de la protection de trois grands du royaume. Hommes puissants, amateurs et organisateurs de fêtes grandioses et passionnés de théâtre, ils recommandent et introduisent la troupe dans leurs provinces. C’est à Lyon que Molière crée sa première comédie, L’Étourdi. La vie de comédien « errant » se termine en 1658 à Rouen, ville des frères Corneille.

La Comédie

Tout laisse à penser que le retour de Molière à Paris est permis par l’entremise de Monsieur, frère du roi. Ce dernier est dans la salle, à Rouen, lorsque Molière et sa troupe interprètent avec succès, Le Menteur de Corneille, devant l’auteur en personne. Monsieur décide alors d’organiser une rencontre avec Louis XIV. Molière conquiert rapidement la faveur du roi qui lui attribue la jouissance de la salle du Petit-Bourbon, puis du théâtre du Palais-Royal. Sa troupe s’y produit jusqu’à sa mort.
À Paris, Molière, homme de théâtre polyvalent, à la fois chef de troupe, acteur, auteur et metteur en scène, remet la farce au goût du jour. En la mêlant à la comédie de mœurs et à la comédie-ballet, il réhabilite le genre comique. Entre 1662 et 1669, Molière livre notamment trois batailles successives, autour de L’École des femme, du Tartuffe, puis de Dom Juan.
De son mariage avec Armande Béjart, l’auteur a un fils, prénommé Louis, dont le roi accepte d’être le parrain, le 28 février 1664. À cette occasion, sa troupe joue la première version du Tartuffe et Le Mariage forcé. En 1665, elle reçoit le nom de « Troupe du Roi » et bénéficie d’une pension substantielle. Durant les querelles qui opposent Molière à l’Église, il bénéficie du soutien du jeune roi, même si plusieurs années sont nécessaires pour obtenir l’autorisation de jouer Le Tartuffe. C’est que Molière flatte l’hédonisme du Roi Soleil. Mais avec l’influence croissante de la religion sur l’esprit de Louis XIV, ce dernier se détourne progressivement du théâtre et de Molière qui meurt dans la disgrâce royale.

La Fontaine Molière

La création de la Comédie-Française « Maison de Molière » s’inscrit dans une politique de contrôle et de centralisation des arts, menée par Louis XIV, dès son accession au pouvoir. Le roi a pour intention de regrouper toutes les forces théâtrales sous une seule et même autorité, la sienne. Plus d’un siècle s’écoule avant que la troupe de la Comédie-Française ne s’établisse dans la salle « Richelieu ». En 1791 la troupe se scinde, Talma et ses camarades allant s’installer dans le nouveau théâtre des Variétés, rue de Richelieu, actuelle salle « Richelieu ». C’est ici qu’est définitivement refondée la troupe, en 1799.

La Comédie Française dite Maison de Molière

L’influence de Molière, après sa mort, à travers ses pièces, est sans aucune mesure avec celle de n’importe quel autre auteur. Son œuvre qui comporte quinze comédies en vers, quinze comédies en prose, une comédie héroïque en vers et deux farces en prose, est aujourd’hui encore la plus représentée, à la Comédie-Française et ailleurs. Régulièrement à l’affiche de théâtres du monde entier, ce rayonnement est exceptionnel et fascinant. Comme l’écrit Jacques Copeau en 1922, « la plus belle éternité, c’est celle d’une voix qui, trois cents ans passés, ne cesse pas de s’adresser directement aux hommes ».
De l’église Saint-Eustache à sa maison où il est mort, Calliopée vous propose une visite guidée, pour mieux apprécier la vie de ce Monsieur.

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