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« Quel plaisir, quelle joie de te revoir, ô Sirmio, la perle des îles et des presqu’îles que compte Neptune dans la vaste étendue des deux mers et des lacs ! ». C’est en ces mots que l’écrivain latin Catulle chantait les louanges de Sirmione dans ses Poésies, dès le premier siècle de notre ère. Aujourd’hui, la petite cité italienne de 8 000 habitants continue de susciter la même émotion. Calliopée vous emmène en voyage culturel à Sirmione.

Située à la pointe d’une langue de terre pénétrant le lac de Garde sur plus de quatre kilomètres, Sirmione est un bijou de nature et d’histoire. Depuis le quartier de Colombare, une route serpente dans la péninsule et se faufile entre les hôtels de villégiature et les parcs ombragés. Le long du rivage, une brise légère taquine les roseaux et impose son rythme aux eaux cristallines. Seuls quelques pontons osent s’avancer sur le plus grand lac du pays. Au loin, les monts sud-alpins aux sommets enneigés sculptent l’horizon. L’atmosphère paisible en ce mois de novembre laisse néanmoins imaginer l’effervescence estivale.

A l’entrée de la vieille ville, le Castello Scaligero accueille le visiteur de toute sa hauteur. L’édifice impressionne avec ses murs crénelés massifs entourés par les eaux. Erigée au XIIIe siècle par Mastino I della Scala, seigneur de Vérone, l’imposante forteresse défendait le petit port de Sirmione, très exposé aux attaques. L’accès au chemin de ronde permet d’admirer l’ancienne darse, rare exemple de fortification lacustre en parfait état de conservation. L’ascension de la tour principale est récompensée par une vue imprenable sur l’immensité du lac de Garde. Contempler depuis le sommet le coucher du soleil automnal sous un ciel clair est un spectacle envoûtant réservé à quelques chanceux.

Plongé dans la lumière du soir, le petit bourg médiéval finit d’enchanter le visiteur. Les maisons en pierre brute alternent avec les façades colorées des boutiques. Les silhouettes des touristes se perdent dans les ruelles étroites. Cygnes et canards, mystérieux habitants du lac, reprennent leur place sur les berges de cet ancien village de pêcheurs. Les places pittoresques sont encore emplies du parfum des glaces artisanales. La fraîcheur de l’automne tombe sur Sirmione.

Lors de ce voyage culturel, profitez d’une matinée dominicale propice à une promenade sinueuse parmi les arbres côtiers. La beauté du paysage environnant fascine les amateurs de photographie. En ce mois de novembre, un soleil scintillant caresse le fin manteau rocheux de Sirmione. Ses rayons révèlent le camaïeu de vert et de rose qui colore les hauts-fonds polis par les eaux. Quelques sources chaudes soufrées issues du bassin volcanique autorisent même la baignade.

Dans une position panoramique exceptionnelle à l’extrémité de la péninsule, se dressent les vestiges d’une villa romaine, vieille de 2000 ans. Ce passionnant complexe archéologique couvre pas moins de vingt hectares et se déploie sur trois étages. La villa – surnommée « Grotte di Catullo » en raison des salles effondrées dans lesquelles on pouvait entrer comme dans des cavités naturelles – aurait accueilli le poète Catulle au cours de ses voyages en Italie septentrionale. Les ruines majestueuses se mirent dans l’eau paisible du lac. Les jardins d’oliviers invitent à la lecture ou au silence contemplatif. Seule l’envolée de quelques goélands vient rompre la tranquillité des lieux. Aimée et admirée depuis l’époque romaine, Sirmione offre toujours de belles surprises. On y resterait bien plus longtemps.