+33 (0)1 58 83 53 24 Contact

Combinant photographie, cinéma, réalité augmentée et recherche scientifique, le projet Anthropocène étudie l’impact indélébile de l’homme sur la planète au cours de l’époque géologique actuelle. C’est le fruit du travail de trois artistes de renommée mondiale : le photographe Edward Burtynsky, les réalisateurs et producteurs Nicholas de Pencier et Jennifer Baichwal, en collaboration avec une équipe de chercheurs et de scientifiques. L’exposition a d’abord été accueillie par le musée des beaux-arts du Canada à Ottawa, puis par le musée royal de l’Ontario à Toronto, avant de s’ouvrir à la Manifattura di Art, Sperimentazione e Tecnologia (MAST) de Bologne en Italie.

Les immenses photographies de l’exposition ciblent une vingtaine de pays et mettent en lumière des forêts coupées à blanc pour la production d’huile de palme (Malaisie), des dépotoirs et décharges de plastique (Dandora, au Kenya), ou encore l’exploitation sans limite de mines de charbon à l’aide de machines gigantesques (la Pelleteuse excavatrice Bagger 293 en Allemagne).

L’exposition comprend aussi des installations de réalité augmentée. Recréé en trois dimensions sur tablette, les visiteurs peuvent retrouver le rhinocéros blanc du Kenya, qui était le dernier mâle de son espèce. L’équipe avait capté ces images en mars 2016, deux ans avant la mort du rhinocéros. Il ne reste plus que deux femelles de cette espèce.

La projection d’un documentaire de 88 minutes est proposée à l’issue de l’exposition. Il détaille les phénomènes d’industrialisation, d’extraction des ressources naturelles, d’érosion, d’extinction des espèces animales et de pollution massive, en reprenant les lieux ciblés par l’exposition. Le film s’ouvre et se clôt sur une cérémonie de destruction par le feu d’un stock de défense d’éléphants amassé au Kenya en 2016, symbolisant la lutte contre le braconnage et le marché noir de l’ivoire.

Le projet Anthropocène produit un effet peu habituel lors de la découverte d’une exposition : le fait de se sentir à la fois hypnotisé et coupable en regardant une œuvre d’art. En effet, les images sont fortes, fascinantes et percutantes. Le spectateur ressent ce mélange particulier d’inquiétude, d’étonnement et de colère.